Cameline

Cameline en culture intermédiaire, Saipol poursuit l’expérimentation

Article rédigé le 24 mars 2022

En février, les équipes Saipol ont réuni les partenaires du projet Cameline en interculture piloté par Saipol pour partager et échanger sur les résultats de la deuxième année d’expérimentation. Cette réunion a aussi été l’occasion de découvrir la transformation de la cameline en huiles végétales et tourteaux réalisée sur Bretteville pendant cette phase d’expérimentation.

Deux années d'expérimentation, une troisième en préparation

En 2020 et en 2021, Saipol a piloté des expérimentations sur le terrain pour étudier la faisabilité technique d’une mise en place de Cameline en interculture. Semée entre le 15 juin et le 10 juillet, cette crucifère à cycle court peut, dans les bonnes conditions, être récoltée 90 jours plus tard – soit au plus tard le 15 octobre – afin de laisser le champ libre aux semis de céréales.

L’expérimentation, qui se poursuivra en 2022, vise principalement à confirmer les meilleures conditions et itinéraires techniques qui permettent de récolter la cameline et de faire monter en compétence des agriculteurs ambassadeurs de cette interculture.

Guillaume de La Forest
« Les agriculteurs partenaires seront de nouveau amenés en 2022 à appliquer les clés de réussite identifiées lors des deux premières années d’expérimentation. En particulier, les enseignements des 2 années de suivi ont renforcé nos connaissances sur le soin à apporter au semis en été, sur le fait de privilégier un semis direct (sans labour), ou encore sur l’intérêt de l’interculture implantée après des pois de conserve… »
Guillaume de la Forest, pilote du projet chez Saipol

Une nouvelle matière première pour les énergies bas carbone

Pour Saipol, l’objectif de ce projet est d’étudier la mise en place technico-économique d’une filière complète basée sur le développement d’une nouvelle interculture oléagineuse.

« C’est aussi une opportunité d’une rémunération complémentaire pour les agriculteurs quand l’interculture termine son cycle végétatif. Cette rémunération, tout comme le process logistique avec les organismes collecteurs, restent à construire. La rémunération s’appuiera sur le débouché naissant des énergies renouvelables pour l’aviation. Le biojet issue de la cameline d’interculture présente de bonnes réductions de gaz à effet de serre et est issue d’une culture intermédiaire qui n’impacte pas les rotations. »
Loic Godnair, en charge du développement des filières Saipol

Les graines de cameline d’interculture contiennent en effet autour de 35% d’huile végétale. Pour l’extraire, les graines sont d’abord aplaties, chauffées progressivement, puis pressées. L’huile brute issue de cette pression est ensuite prétraitée par Saipol avant d’être commercialisée auprès des producteurs de biojet.

Et davantage de protéines pour l’alimentation des élevages

La transformation de la cameline génère également un tourteau riche en protéine. Il est commercialisé auprès de fabricants d’aliments pour les élevages, et en particulier Sanders Ouest, filiale du groupe Avril et d’autres fabricants qui valorisent notamment la teneur en acides gras essentiels du tourteau de cameline.

L’huile brute de cameline (au centre) est prétraitée chez Saipol puis commercialisée auprès de clients producteurs d’énergies bas carbone.

Des clés de réussites de la cameline d’interculture identifié par Saipol et ses partenaires